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Incapacité à prendre une décision : pourquoi vous bloquez et comment en sortir

  • Ivan Caullychurn
  • il y a 4 jours
  • 5 min de lecture

Il y a une phrase que j'entends régulièrement en séance. Elle prend des formes différentes, mais le fond est toujours le même.

"Je sais que cette relation ne me convient plus. Ça fait deux ans que je le sais. Mais je ne pars pas."


Pas de grande révélation à faire ici. Pas de secret enfoui. La personne en face de moi sait très bien ce qui ne va pas. Elle tourne en rond, elle est épuisée, elle est frustrée. Et pourtant, rien ne bouge.


Ce n'est pas un manque de lucidité. Ce n'est pas non plus de la lâcheté. C'est quelque chose de bien plus précis, et de bien plus humain que ça.


Incapacité à prendre une décision : ce qui se passe vraiment dans votre tête

Le cerveau humain a une tendance profonde à éviter l'incertitude. Pas parce qu'il est paresseux. Parce qu'il est câblé pour survivre, pas pour être heureux.

Une situation inconfortable mais connue, c'est une situation dans laquelle vous savez à quoi vous attendre. Vous connaissez les règles du jeu. Vous avez développé des stratégies pour vous adapter, pour tenir, pour minimiser la souffrance au quotidien. C'est inconfortable, mais c'est gérable.


Une situation nouvelle, elle, est pleine d'inconnues. Et l'inconnue, pour le cerveau, c'est potentiellement un danger. Peu importe que ce danger soit réel ou fantasmé. La réaction, elle, est bien réelle.

C'est ce qu'on appelle le biais de statu quo : à niveau de douleur équivalent, l'être humain choisit presque systématiquement de rester là où il est plutôt que de prendre le risque de changer. Non pas parce que c'est un bon choix rationnel. Mais parce que c'est le choix qui demande le moins d'énergie à court terme.


Dans une relation où l'on n'est plus amoureux.e, ce mécanisme se décline de façon particulièrement tenace. Parce que la relation, ce n'est pas juste un inconfort abstrait. C'est une vie organisée, des habitudes construites, des projets communs, parfois des enfants, souvent un logement partagé, toujours une histoire. Quitter ça, c'est tout reconstruire. Et cette perspective, même si elle est rationnellement préférable, génère une charge émotionnelle tellement lourde que le cerveau préfère reporter.

Encore une fois. Et encore une fois.


Blocage décisionnel : entre deux douleurs, le cerveau s'immobilise

Tourner en rond, ce n'est pas un symptôme de faiblesse. C'est le signe que vous êtes pris.e en tenaille entre deux douleurs.

D'un côté, la douleur de rester. La frustration, le sentiment de passer à côté de quelque chose, l'usure d'une relation qui ne nourrit plus, parfois la solitude à deux qui est la pire des solitudes.

De l'autre, la douleur anticipée de partir. La culpabilité, la peur de faire du mal, la peur d'être seul.e, la peur de l'inconnu, la peur de se tromper, la peur du regard des autres.

Entre ces deux douleurs, le cerveau fait ce qu'il peut. Il temporise. Il cherche des raisons supplémentaires pour convaincre dans un sens ou dans l'autre. Il rejoue les mêmes scénarios. Il espère que la situation va se résoudre d'elle-même, sans que vous ayez à faire quoi que ce soit.

Ce n'est pas de la faiblesse. C'est un mécanisme de protection qui tourne à vide, faute d'avoir une sortie claire.

Ce que vous ressentez

Ce que ça signifie réellement

"Je ne sais pas quoi faire"

Vous savez, mais le coût émotionnel de décider vous paralyse

"Ce n'est peut-être pas si grave"

Minimisation pour éviter d'agir

"Ce n'est pas le bon moment"

Le bon moment n'existera jamais tout seul

"Et si je regrettais ?"

Peur de l'incertitude, pas absence de clarté

"Je tourne en rond"

Vous êtes bloqué.e entre deux douleurs, pas entre deux options

Pourquoi chercher plus de certitudes aggrave le blocage

Face à une incapacité à décider, la réaction la plus fréquente est de chercher davantage d'informations, davantage de preuves, davantage de certitudes.

Vous en parlez à vos ami.e.s. Vous en reparlez. Vous lisez des articles. Vous analysez, vous décortiquez, vous comparez. Vous espérez qu'à un moment, la réponse va s'imposer d'elle-même avec une évidence absolue et irréfutable.

Elle ne viendra pas.


Non pas parce que la réponse n'existe pas. Mais parce que la certitude absolue n'existe pas dans les décisions humaines importantes. Décider de quitter une relation, ça ne ressemble pas à résoudre une équation. Il n'y a pas de moment où tout est parfaitement clair, où tous les voyants sont au vert, où le risque est nul.

La quête de certitude supplémentaire est, dans la grande majorité des cas, une façon sophistiquée de ne pas décider. Une procrastination habillée en réflexion approfondie.

Ce que vous cherchez réellement, ce n'est pas plus d'informations. C'est moins de peur.


Comment surmonter son incapacité à décider : ce qui fonctionne vraiment

Quelques pistes concrètes, sans psychologie de comptoir ni injonction à "écouter votre cœur" parce que, franchement, si c'était aussi simple, vous l'auriez déjà fait.


Nommer le vrai obstacle

La première étape n'est pas de décider. C'est d'identifier précisément ce qui vous retient. Pas "j'ai peur de partir", mais quoi exactement ? La peur de la solitude ? La culpabilité vis-à-vis de l'autre ? La peur du regard de votre entourage ? La peur de vous retrouver face à vous-même ?

Tant que l'obstacle reste vague, il est infranchissable. Quand il est nommé précisément, il devient travaillable.


Distinguer décision et action

Une erreur fréquente est de confondre les deux. Décider ne signifie pas agir immédiatement. Vous pouvez décider que cette relation est terminée sans avoir à appeler votre conjoint.e dans les dix minutes qui suivent. Séparer les deux étapes allège considérablement la charge émotionnelle associée à la décision elle-même.


Cesser de chercher la certitude absolue, viser suffisamment de clarté

La question n'est pas "est-ce que je suis sûr.e à 100% ?". Elle est "est-ce que j'ai suffisamment d'éléments pour décider ?". Dans la quasi-totalité des situations de blocage que je rencontre en séance, la réponse est oui. Les éléments sont là depuis longtemps. Ce qui manque, c'est la permission de s'en servir.


Accepter que toute décision comporte une part de perte

Rester, c'est perdre quelque chose. Partir, c'est perdre autre chose. Il n'existe pas d'option qui préserve tout. Le blocage dure souvent aussi longtemps qu'on espère trouver une issue sans renoncement. Accepter qu'il faudra faire le deuil de quelque chose, quelle que soit la décision, est souvent ce qui permet enfin de bouger.


Le coût invisible de l'indécision : ce que vous perdez à ne pas choisir

Il y a une chose que l'on sous-estime systématiquement dans ces situations : le coût de l'indécision elle-même.

Rester bloqué.e n'est pas une position neutre. C'est une position qui a un prix. Un prix en énergie mentale, dépensée chaque jour à ruminer, à rejouer les mêmes scénarios, à peser les mêmes arguments. Un prix en présence, parce qu'on n'est jamais vraiment là quand on est en train de tourner en rond dans sa tête. Un prix en temps, évidemment.


Et un prix moins visible mais peut-être plus important : le prix de l'estime de soi. Parce qu'au fil du temps, ne pas agir sur une situation que l'on juge insatisfaisante génère un sentiment diffus de ne pas être capable, de ne pas être à la hauteur de ce que l'on sait.

Ce sentiment-là est souvent plus destructeur que la décision elle-même, quelle qu'elle soit.


Vous reconnaissez ce schéma dans votre situation ? Vous tournez en rond depuis trop longtemps sur une décision que vous n'arrivez pas à prendre ? C'est exactement le type de blocage sur lequel je travaille en accompagnement individuel. Prenez contact ici pour en discuter.

 
 
 

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