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Traverser le deuil : ce que personne ne vous dit sur ce que vous ressentez vraiment

  • Ivan Caullychurn
  • il y a 4 jours
  • 7 min de lecture

Il y a des douleurs dont on ne parle pas assez. Pas parce qu'elles sont rares – mais parce qu'elles sont difficiles à nommer, à montrer, à expliquer aux autres. Le deuil est l'une d'elles.

Pas seulement le deuil d'un proche disparu. Aussi celui d'une relation qui s'arrête. D'un emploi perdu. D'une version de vous-même que vous n'êtes plus tout à fait. Ces pertes-là passent souvent sous les radars. On vous dit « ça va aller », « le temps arrange les choses », « tu es courageux/courageuse ». Mais personne ne vous dit vraiment ce qui se passe à l'intérieur, ni pourquoi ça ne ressemble pas à ce que vous imaginiez.

Cet article ne prétend pas tout expliquer. Il essaie de mettre des mots sur ce que beaucoup ressentent sans pouvoir le formuler.


Le deuil, c'est beaucoup plus large que vous ne le pensez

La représentation collective du deuil est étroite. On l'associe presque exclusivement à la mort d'un proche. Or le deuil est un processus psychologique qui se déclenche chaque fois qu'on perd quelque chose qui avait de la valeur dans notre vie — une relation, un projet, une identité, une sécurité.

Divorcer, c'est faire le deuil d'une vie envisagée ensemble. Perdre son travail, c'est faire le deuil d'un statut, d'une routine, parfois d'une raison de se lever le matin. Partir à la retraite, c'est — paradoxalement — traverser une forme de deuil. Même voir ses enfants quitter la maison peut déclencher ce processus.

Ces deuils-là sont souvent appelés « deuils blancs » ou « deuils non reconnus ». Et ils sont d'autant plus difficiles à traverser qu'ils ne reçoivent pas le même droit à la douleur que le deuil d'un proche décédé. On n'organise pas de cérémonie pour une rupture. On ne vous laisse pas deux semaines sans répondre aux mails parce que vous avez perdu votre emploi.

En France, 89 % des Français déclarent avoir déjà vécu un décès qui les a profondément affectés. Et pourtant, 37 % des personnes ayant perdu un proche il y a cinq ans ou plus se disent toujours en deuil – et parmi celles qui n'ont pas « terminé » leur deuil, 34 % pensent qu'il ne prendra jamais fin. Ces chiffres (Baromètre Santé Mentale, 2025) disent quelque chose d'essentiel : le deuil n'a pas d'agenda. Et prétendre qu'il en a un, c'est souvent ce qui complique les choses.


Les étapes du deuil : utiles, mais pas une boîte à cases

Tout le monde a entendu parler des cinq étapes du deuil formalisées par la psychiatre Élisabeth Kübler-Ross : déni, colère, marchandage, dépression, acceptation. Ce modèle a eu le mérite immense de mettre des mots sur des états intérieurs que beaucoup vivaient sans pouvoir les identifier. Il reste une référence.

Mais il a aussi ses limites. Et les connaître, c'est important.


D'abord, ces étapes ne sont pas linéaires. On ne passe pas de l'une à l'autre comme on tourne les pages d'un livre. On peut être en colère le lundi, dans le déni le mercredi, et ressentir une forme d'acceptation le vendredi avant de replonger dans la tristesse le week-end. Ce n'est pas un signe que quelque chose ne va pas. C'est le deuil.

Ensuite, toutes les étapes ne se manifestent pas chez tout le monde. Certaines personnes ne traversent jamais une phase de marchandage consciente. D'autres restent longtemps dans une forme de déni fonctionnel – elles continuent à « faire » leur vie, mais quelque chose reste gelé à l'intérieur.


Enfin, il existe une phase que Kübler-Ross elle-même évoquait peu dans ses premières formulations : la reconstruction. C'est l'étape où l'on ne « guérit » pas à proprement parler, mais où l'on réapprend à vivre avec la perte – en l'intégrant, en lui donnant une place, en se réinventant autour d'elle.


Les phases du deuil en un coup d'œil

Phase

Ce que vous pouvez ressentir

Ce que ça signifie

Choc / déni

Incrédulité, engourdissement, impression de fonctionner en pilote automatique

Une protection naturelle du psychisme

Colère

Irritabilité, injustice, parfois dirigée contre soi-même ou les proches

Une émotion de transition, souvent mal comprise

Marchandage

Ruminations, « et si j'avais… », regrets

Le mental cherche à reprendre le contrôle

Tristesse / dépression

Fatigue profonde, repli, perte de sens

Le moment le plus douloureux, mais aussi celui où le travail intérieur s'opère vraiment

Acceptation

Apaisement progressif, capacité à envisager l'avenir

Non pas « oublier », mais intégrer

Reconstruction

Redéfinition de soi, nouvelles perspectives

La perte fait désormais partie de vous sans vous définir entièrement

Ce que l'entourage ne comprend pas toujours

C'est l'un des aspects les plus épuisants du deuil : ne pas se sentir compris par ceux qui vous entourent.

Pas parce qu'ils ne vous aiment pas. Mais parce que la douleur du deuil est intrinsèquement subjective. Elle ne se voit pas toujours de l'extérieur. Et elle dérange – parce qu'elle renvoie les autres à leur propre vulnérabilité, à leurs propres pertes, à l'idée de leur propre finitude.

Alors ils disent des choses maladroites. « Tu dois aller de l'avant. » « Pense aux bons souvenirs. » « Il faut te battre. » Toutes ces phrases partent d'une bonne intention. Mais elles demandent implicitement à la personne en deuil de se presser – de finir quelque chose qui ne se finit pas sur commande.

Les conséquences du deuil touchent aussi la sphère professionnelle – problèmes de concentration, sentiment de ralentissement, épuisement – et 12 % des personnes endeuillées ont même quitté leur emploi à la suite d'un décès. Ces impacts sont réels, documentés, et ils méritent d'être pris au sérieux, pas minimisés.

Ce que beaucoup de personnes en deuil attendent de leur entourage, ce n'est souvent pas des conseils ni des solutions. C'est une présence. Une écoute sans agenda. Un espace où ne pas avoir à « aller bien ».


Pourquoi le deuil peut se compliquer

Tous les deuils ne se traversent pas de la même façon. Certains passent, d'autres s'installent. Et comprendre pourquoi peut aider à agir au bon moment.

Voici les situations qui rendent un deuil particulièrement difficile à traverser :

  • La mort soudaine ou violente : sans temps de préparation, le choc est souvent plus long à absorber.

  • Le deuil non reconnu : une rupture, une fausse couche, la perte d'un animal de compagnie — des deuils réels auxquels la société ne donne pas toujours le droit de souffrir.

  • L'absence de rituels : les cérémonies funèbres ne sont pas que symboliques. Elles permettent de marquer la perte, de lui donner une réalité collective. Sans elles, le deuil peut rester flottant.

  • Les deuils accumulés : perdre plusieurs choses ou plusieurs personnes en peu de temps sans avoir eu le temps de « traiter » entre les pertes.

  • L'isolement : le deuil vécu seul, sans espace pour l'exprimer, tend à se prolonger et à s'intensifier.


Selon le baromètre Santé Mentale France (2025), 11 % des personnes endeuillées présentent des signes pouvant indiquer un trouble du deuil prolongé : un an ou plus après la perte, elles déclarent un impact négatif persistant sur au moins un domaine important de leur vie. Ce chiffre ne vise pas à alarmer, mais à rappeler qu'un deuil qui dure n'est pas une faiblesse de caractère — c'est un signal qui mérite attention.


Ce que peut apporter un accompagnement

C'est souvent à ce stade que la question se pose : faut-il aller voir un professionnel ? Et si oui, lequel ?

La réponse honnête : il n'y a pas de règle universelle. Mais il y a des signaux.

Si vous dormez mal depuis plusieurs semaines. Si vous avez l'impression de tourner en rond dans les mêmes pensées. Si vous fonctionnez « normalement » en apparence mais ressentez un vide intérieur que vous n'arrivez pas à nommer. Si vous avez l'impression que la douleur ne se déplace pas, même avec le temps.

Ce sont des moments où un regard extérieur peut faire une vraie différence.


Accompagnement émotionnel ou psychothérapie ?


Accompagnement émotionnel (coaching)

Psychothérapie

Pour qui ?

Personnes fonctionnelles cherchant à traverser activement leur deuil

Personnes présentant des symptômes cliniques sévères (dépression, PTSD, trouble du deuil prolongé)

Orientation

Présent, émotions, reconstruction

Passé, origines psychiques, traitement

Cadre

Non médical

Médical / clinique

Objectif

Créer un espace sécurisé, avancer à son rythme, comprendre ce qui se passe

Soigner, stabiliser, traiter

Durée

Accompagnement ciblé

Suivi parfois long terme

L'accompagnement par un coach de vie ne remplace pas une psychothérapie quand une psychothérapie est nécessaire. Mais il offre quelque chose que beaucoup cherchent sans le trouver dans leur quotidien : un espace pour dire ce qui est trop lourd à porter seul, sans être jugé, sans avoir à performer la guérison.

Ce n'est pas de la magie. C'est un travail. Lent, parfois inconfortable, toujours personnel. Mais dans cet espace, quelque chose peut commencer à bouger.


Ce que traverser un deuil peut vous apprendre sur vous-même

Il y a une vérité que l'on entend peu, parce qu'elle peut sembler presque indécente à dire à quelqu'un qui souffre : les deuils bien traversés transforment.

Pas en effaçant la douleur. Pas en vous rendant « meilleur » comme si la souffrance était une leçon méritée. Mais en vous mettant face à ce qui compte vraiment pour vous. En vous aidant à identifier vos ressources intérieures que vous n'utilisiez pas. En redessinant, parfois très lentement, vos priorités, vos relations, votre façon de vous voir.

La reconstruction après un deuil n'est pas un retour à ce que vous étiez avant. C'est l'émergence d'une version de vous qui a intégré la perte — et qui avance avec elle, pas malgré elle.


Ce chemin-là ne se fait pas en ligne droite. Il ne se fait pas seul non plus, nécessairement.

Si vous vous reconnaissez dans ce que vous avez lu ici, vous pouvez aussi consulter :

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