Accompagnement du deuil en coaching : retrouver un chemin quand tout s'effondre
- Ivan Caullychurn
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Perdre quelqu'un qu'on aime : une phrase simple. Une réalité qui n'a rien de simple.
Le sol se dérobe. Le temps se distord. Les proches font ce qu'ils peuvent, mais personne ne sait vraiment quoi dire. Et vous, vous avancez comme vous pouvez, souvent seul.e, souvent épuisé.e, parfois honteu.x.se de ne pas "aller mieux" plus vite.
Le deuil est l'une des expériences les plus universelles et les plus solitaires qui soient. Et pourtant, dans une société qui valorise la performance, la résilience rapide et l'optimisme de façade, on n'a pas vraiment de mode d'emploi pour traverser une perte. On vous dit de "prendre soin de vous". On vous promet que "ça ira mieux avec le temps". Et un matin, trois mois après l'enterrement, vous devez retourner au bureau comme si rien n'était.
C'est dans cet espace entre la douleur réelle et l'injonction à "rebondir" que l'accompagnement au deuil par le coaching prend tout son sens.
Le deuil en France : une réalité sous-estimée et encore très taboue
Avant de parler d'accompagnement, posons les chiffres. Pas pour noyer la douleur dans des statistiques, mais parce que comprendre l'ampleur du phénomène aide aussi à se sentir moins seul.
Selon le baromètre CRÉDOC 2025, réalisé avec l'association Empreintes et le Syndicat de l'Art Funéraire, la perte d'un proche concerne 72 % des 18-24 ans et 96 % des plus de 65 ans. Autrement dit : presque tout le monde, à un moment ou un autre. L'INSEE confirme de son côté que 651 000 personnes sont décédées en France en 2025.
Ce même baromètre révèle que près d'une personne en deuil sur deux s'est sentie isolée après un décès. Ce chiffre monte à 63 % chez les 18-29 ans. La solitude du deuil n'est pas un ressenti subjectif. C'est une réalité documentée.
Plus difficile encore : plus d'un tiers des personnes ayant vécu un décès marquant il y a plus de cinq ans déclarent en ressentir encore les effets aujourd'hui. Et 11 % des endeuillés sont susceptibles de souffrir d'un trouble du deuil prolongé, reconnu depuis 2022 dans le DSM-5 (le manuel de référence international en santé mentale). Ce chiffre monte à 22 % quand il s'agit du décès d'un conjoint ou d'un enfant.
Côté professionnel, le tableau n'est pas plus rose : 25 % des actifs endeuillés se sont absentés une semaine ou plus du travail, et 12 % ont dû quitter leur emploi en raison du décès. Un tiers d'entre eux n'avaient même pas été informés de leurs droits à congé.
Le deuil, ce n'est pas une parenthèse entre deux réunions. C'est une réorganisation profonde de qui vous êtes et de comment vous habitez le monde.
Ce que traverse vraiment une personne en deuil
On connaît souvent les "cinq étapes du deuil" théorisées par Élisabeth Kübler-Ross : le déni, la colère, le marchandage, la dépression, l'acceptation. Ce modèle a le mérite d'exister. Mais il a aussi un défaut majeur : il laisse croire que le deuil est un processus linéaire, avec un début, un milieu et une fin propre.
La réalité, elle, est plus chaotique.
Vous pouvez pleurer le matin et rire l'après-midi. Vous sentir soulagé un jour, submergé le lendemain. Ressentir de la colère contre la personne disparue, puis de la culpabilité d'avoir ressenti cette colère. Être incapable de vous concentrer pendant des semaines, puis retrouver un semblant de routine, puis rechuter au détour d'une odeur, d'une chanson, d'un anniversaire.
Le deuil ne se traverse pas en ligne droite. Il se traverse à votre rythme, avec vos outils, dans votre contexte.
Parmi les émotions les plus fréquemment rapportées par les personnes endeuillées, on retrouve :
La sidération initiale, ce vide qui suspend le temps
La tristesse profonde et les larmes qui viennent sans prévenir
La colère, parfois dirigée vers des cibles surprenantes (les médecins, la famille, soi-même)
La culpabilité ("j'aurais dû", "si seulement")
L'épuisement physique, souvent sous-estimé
L'anxiété et la peur de perdre d'autres proches
Le sentiment de perte d'identité, surtout après le décès d'un conjoint ou d'un parent
Aucune de ces émotions n'est "mauvaise". Aucune n'est un signe de faiblesse. Ce sont des réponses humaines à une perte humaine.
Coaching et accompagnement au deuil : de quoi parle-t-on exactement ?
Le mot "coaching" peut faire peur dans ce contexte. On l'associe à la performance, aux objectifs SMART, au monde de l'entreprise. Et l'idée de "fixer des objectifs" quand on vient de perdre quelqu'un peut sembler absurde, voire indécente.
C'est précisément pourquoi il est important de clarifier ce que l'accompagnement au deuil par le coaching n'est pas.
Ce n'est pas vous demander de "rebondir plus vite". Ce n'est pas minimiser votre douleur. Ce n'est pas vous proposer des exercices de visualisation positive pendant que vous êtes en plein chagrin.
L'accompagnement au deuil par un coach certifié, c'est un espace structuré, confidentiel et sans jugement où vous pouvez traverser ce que vous traversez, sans qu'on vous demande d'aller plus vite ou plus loin que ce que vous pouvez.
Ce que fait le coach, concrètement
Un coach certifié qui accompagne le deuil travaille à partir de où vous en êtes aujourd'hui, pas d'où vous devriez être selon un calendrier imaginaire. Il ne diagnostique pas, ne prescrit pas, ne traite pas de pathologies. Il accompagne une personne qui vit quelque chose de douloureux et qui a besoin d'un espace pour le traverser avec un soutien structuré.
En pratique, les séances peuvent permettre de :
Mettre des mots sur ce que vous ressentez, sans avoir à "gérer" l'émotion de l'autre en retour
Identifier ce qui vous épuise le plus en ce moment et ce qui vous aide
Clarifier vos besoins concrets, y compris ceux que vous n'osez pas formuler
Renouer avec vos propres ressources intérieures, progressivement
Préparer les étapes suivantes quand vous vous sentez prêt, pas avant
Traverser les "caps" difficiles : premier anniversaire, premier Noël sans lui ou sans elle, retour au travail
La différence fondamentale avec une conversation entre amis ? Le coach ne parle pas de lui, ne cherche pas à relativiser ("tu sais, ma mère aussi..."), ne juge pas votre façon de vivre le deuil, et ne vous dit pas que "le temps fait les choses". Il est entièrement présent pour vous, avec des outils et une posture professionnelle.
La différence avec un suivi psychologique
C'est souvent la question qui revient : "Mais est-ce que je ne devrais pas voir un psy plutôt ?"
La réponse courte : les deux ne s'excluent pas.
Le psychologue explore généralement le pourquoi, en remontant parfois vers l'histoire de vie, les patterns, les blessures profondes. Il traite la souffrance psychologique sous ses formes légères à modérées. C'est un travail précieux, qui a sa place.
Le coach, lui, part du présent et travaille sur le comment avancer. Pas en niant la douleur, mais en aidant à mobiliser des ressources pour traverser cette période. Beaucoup de personnes travaillent avec les deux en parallèle, et c'est souvent une combinaison particulièrement efficace : le psy aide à comprendre et à soigner, le coach aide à bouger, à construire, à mettre en mouvement.
Il existe aussi des situations où le suivi psychologique ou psychiatrique est indispensable : quand le deuil s'accompagne d'idées suicidaires, de dépression sévère, de trouble du stress post-traumatique. Dans ces cas, le coach reconnaît ses limites et oriente. Ce n'est pas un aveu de faiblesse, c'est de l'éthique professionnelle.
Pourquoi choisir un accompagnement plutôt que d'attendre que ça passe ?
Parce que "ça passe" est une promesse qui ne tient pas toujours.
Le baromètre CRÉDOC 2025 est formel : plus d'un tiers des personnes ayant vécu un décès marquant il y a plus de cinq ans en ressentent encore les effets. Le deuil non accompagné peut s'installer, se compliquer, prendre la forme d'une tristesse chronique, d'une anxiété diffuse, d'une incapacité à se projeter.
Chercher un accompagnement, ce n'est pas signe qu'on n'est pas assez fort. C'est comprendre qu'on traverse quelque chose d'immense, et qu'un appui extérieur peut faire une différence réelle.
Voici les situations dans lesquelles l'accompagnement au deuil par le coaching est particulièrement pertinent :
Situation | Ce que l'accompagnement peut apporter |
Deuil récent, sidération, sentiment d'être perdu | Un espace stable, une présence, pas d'injonction à "aller mieux" |
Retour au travail difficile après un décès | Préparation concrète, gestion des émotions en contexte professionnel |
Deuil ancien qui "ne passe pas" | Identification des blocages, remise en mouvement progressive |
Sentiment d'isolement, impression de ne pas être compris | Espace d'expression libre, sans charge émotionnelle pour l'autre |
Perte d'identité après le décès d'un conjoint | Reconstruction progressive d'un projet de vie personnel |
Cumul de pertes | Accompagnement dans la durée, à votre rythme |
Comment se passe un accompagnement au deuil en coaching ?
Chaque accompagnement est différent, parce que chaque deuil est différent. Mais voici ce à quoi vous pouvez vous attendre dans un cadre sérieux et professionnel.
La première séance est avant tout un espace de rencontre. Pas d'objectif à fixer d'emblée, pas de programme en cinq points. On prend le temps de comprendre où vous en êtes, ce que vous vivez, ce dont vous auriez besoin. On vérifie ensemble si le coaching est le bon format pour vous à ce moment-là.
Les séances suivantes s'adaptent à votre rythme et à ce qui émerge. Certaines seront émotionnellement intenses. D'autres seront plus concrètes. Il n'y a pas de "bonne séance" type.
La durée varie selon les personnes et les situations. Il n'y a pas de prescription universelle. L'important, c'est que vous sentiez à chaque étape que l'accompagnement vous est utile, que vous avancez, même imperceptiblement.
Le cadre est confidentiel. Ce que vous partagez en séance reste en séance.
Ce que le coaching ne peut pas (et ne prétend pas pouvoir) faire
L'honnêteté est une valeur fondamentale dans un accompagnement sérieux. Alors voici ce qu'un coach ne peut pas faire :
Il ne peut pas effacer la douleur. Personne ne le peut. Le deuil se traverse, il ne se contourne pas.
Il ne peut pas remplacer un suivi médical ou psychologique si votre état le nécessite. Si vous présentez des symptômes dépressifs sévères, des idées noires ou des signes de deuil pathologique, la priorité est un professionnel de santé.
Il ne peut pas vous forcer à aller mieux plus vite que vous ne le pouvez. Ce serait trahir l'essence même de l'accompagnement.
Quelques ressources utiles si vous traversez un deuil
Si vous ressentez le besoin d'un soutien immédiat ou d'informations complémentaires, plusieurs structures peuvent vous aider :
Association Empreintes (https://www.empreintes-asso.com/) : accompagnement et groupes de parole pour les personnes endeuillées
La Ligne nationale de prévention du suicide : 3114, disponible 24h/24
Le dispositif Mon Soutien Psy : 8 séances remboursées à 60 % avec un psychologue conventionné, sur prescription du médecin traitant
Les groupes de parole locaux : de nombreuses associations proposent des espaces collectifs gratuits
Faire face au deuil : pas seul, pas en courant, à votre rythme
Le deuil n'est pas une faiblesse. Ce n'est pas non plus une maladie. C'est la preuve que quelqu'un comptait pour vous. Et traverser cette épreuve avec un soutien structuré, bienveillant et professionnel, ce n'est pas prendre un raccourci. C'est se donner les moyens de traverser vraiment, plutôt que de rester figé dans la douleur ou de faire semblant d'aller bien.
Si vous lisez cet article, c'est peut-être parce que vous venez de perdre quelqu'un. Ou parce qu'un deuil ancien ne passe pas comme vous l'espériez. Ou parce que vous cherchez à accompagner un proche.
Dans tous les cas : vous n'avez pas à traverser ça seul.
Si vous souhaitez en savoir plus sur l'accompagnement au deuil par le coaching, ou simplement explorer si ce type de soutien pourrait vous convenir, je vous invite à prendre contact. La première conversation n'engage à rien, sauf à être entendu.




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