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« J'y pense depuis des mois » : pourquoi on n'ose pas franchir la porte d'un coach

  • Ivan Caullychurn
  • il y a 19 heures
  • 5 min de lecture

Il y a quelques semaines, j'ai reçu un message d'une femme que j'appellerai Céline. 42 ans, cadre dans une grande entreprise bordelaise, deux enfants. Son message tenait en deux lignes : « Je voulais vous contacter depuis six mois. Je ne sais pas pourquoi je n'ai pas osé. »


Ce message, je le reçois — sous différentes formes — plusieurs fois par mois.

Des gens qui savent que quelque chose ne va pas. Qui sentent que ça fatigue, que ça tourne en rond, que les émotions débordent un peu trop souvent. Et qui, malgré tout, n'appellent pas. Pas encore. Parfois jamais.

Pourquoi ? Pas par manque de motivation. Pas par indifférence à leur propre bien-être. Mais à cause d'un ensemble de freins — souvent invisibles, rarement formulés — qui font que le pas reste à franchir.


Cet article est pour eux. Et peut-être pour vous.


Frein n°1 : « Je ne suis pas assez mal pour ça »

C'est probablement le frein le plus répandu. Et le plus sournois.

Il repose sur une idée implicite : le coaching serait réservé aux gens vraiment en difficulté. À ceux qui touchent le fond. À ceux dont la vie part en morceaux visibles.

Résultat ? Beaucoup de personnes se disqualifient elles-mêmes avant même d'avoir pris rendez-vous. « Je gère. Je m'en sors. Ce n'est pas si grave. »


Sauf que « gérer » et « aller bien » ne sont pas la même chose.


On peut gérer tout en étant épuisé en permanence. On peut s'en sortir tout en portant une tension intérieure chronique qui pollue les relations, le sommeil, la concentration. On peut fonctionner correctement à l'extérieur tout en vivant dans un état d'alerte intérieur que personne ne voit — et que l'on a soi-même du mal à nommer.

Le coaching de vie n'est pas une salle d'urgences. C'est davantage un espace de travail sur soi — pertinent précisément quand les choses ne sont pas encore « catastrophiques » mais où quelque chose coince, fatigue ou tourne en rond depuis trop longtemps.

Attendre le fond, c'est souvent attendre trop longtemps.


Frein n°2 : la peur du regard des autres

« Qu'est-ce que les gens vont penser ? »


Cette question, même quand elle n'est pas formulée à voix haute, pèse lourd. Consulter un coach de vie, c'est admettre qu'on a besoin d'aide. Et pour beaucoup, admettre qu'on a besoin d'aide, c'est s'exposer — au jugement, à la pitié ou, pire, à la dévalorisation.


Dans certains milieux professionnels, cette peur est amplifiée. Montrer une vulnérabilité, c'est risquer d'être perçu comme moins compétent, moins solide, moins fiable. Alors on tait. On gère seul. On attend que ça passe.

Ce que cette logique ignore, c'est que le regard extérieur que l'on redoute est souvent bien moins sévère que le tribunal intérieur que l'on se fait soi-même. Et que les personnes qui consultent un coach ne le font pas par faiblesse — elles le font parce qu'elles ont décidé de prendre leur situation au sérieux.

Il y a quelque chose de profondément courageux dans cette démarche. Pas glamour, pas spectaculaire. Courageux, dans le sens littéral du terme.


Frein n°3 : la confusion entre coaching et psychothérapie

« Mais… c'est comme un psy ? »

Cette question revient souvent. Et derrière elle se cache une vraie confusion — légitime, d'ailleurs, tant les frontières entre les différents accompagnements restent floues dans l'imaginaire collectif.

Non, le coaching de vie n'est pas une psychothérapie. Les deux disciplines ont des objectifs, des cadres et des méthodes distincts.


Coaching vs thérapie : les différences essentielles


Coaching de vie

Psychothérapie

Orientation

Présent et futur

Passé et origines

Objectif

Débloquer, avancer, transformer

Soigner, guérir, comprendre

Cadre

Non médical

Médical / clinique

Durée

Accompagnement ciblé

Suivi parfois long terme

Professionnel

Coach certifié

Psychologue / psychiatre

Le coaching s'adresse à des personnes qui fonctionnent mais qui veulent mieux comprendre ce qui se passe en elles, sortir d'un schéma répétitif, reprendre le contrôle de leurs émotions ou traverser une période difficile avec un appui structuré.

Cela ne remplace pas une thérapie quand une thérapie est nécessaire. Mais ce n'est pas non plus son doublon. Ce sont deux outils différents, pour des besoins différents.


Frein n°4 : « C'est trop cher »

Ce frein-là est concret, légitime, et mérite d'être pris au sérieux — pas balayé d'un revers de main.

Le coût d'un accompagnement par un coach de vie représente un investissement réel. C'est une réalité. Mais il y a une question que peu de gens se posent vraiment : quel est le coût de ne rien faire ?

Ce coût, il est rarement chiffré. Pourtant, il existe. Il se mesure en semaines de procrastination sur des décisions importantes, en énergie gaspillée à tourner en rond, en relations abîmées par des émotions mal gérées, en nuits de sommeil perdues à ressasser, en opportunités manquées faute de clarté intérieure.

L'investissement dans un accompagnement est ponctuel et délimité. Le coût de l'inaction, lui, s'étale dans le temps — et s'accumule souvent à bas bruit, sans que l'on en prenne conscience.

Cela ne rend pas le budget indolore. Mais ça change la façon d'évaluer l'équation.


Frein n°5 : « Je dois d'abord régler ça tout seul »

Ah, celui-là. L'un des plus tenaces — et des plus culturellement ancrés.

L'idée que demander de l'aide, c'est capituler. Que si on ne s'en sort pas seul, c'est qu'on n'a pas assez essayé. Que les vrais problèmes, les adultes responsables les gèrent en interne.

Cette croyance est profondément humaine. Elle vient souvent de loin — d'une éducation, d'un contexte familial, d'une culture du mérite et de l'autonomie. Elle n'est pas stupide. Mais elle peut être un piège.

Parce que certaines choses ne se règlent pas seul — non pas par manque de volonté, mais parce qu'on ne peut pas voir ce qu'on ne voit pas. On est toujours dans son propre film. Un regard extérieur, structuré et bienveillant, permet de percevoir des angles morts que l'introspection solitaire ne peut pas atteindre.

Ce n'est pas une question de force ou de faiblesse. C'est une question d'outillage.


Ce que cachent ces freins

Si on prend du recul, ces cinq freins ont un point commun : ils protègent.

Ils protègent d'une prise de risque — celle de se montrer, de changer, d'admettre que quelque chose mérite attention. Ils protègent d'une forme de vulnérabilité que notre culture valorise peu, malgré les discours sur le bien-être et la santé mentale.

Le problème, c'est qu'en protégeant de ce risque-là, ils maintiennent aussi dans un état de stagnation. Ils permettent de rester dans le confort de l'inconfort connu — cet endroit familier et épuisant où rien ne change vraiment.

Si vous vous reconnaissez dans l'un de ces freins — ou dans plusieurs à la fois —, c'est déjà une information précieuse. Ça veut dire que quelque chose, en vous, mérite d'être regardé en face.

Franchir ce pas-là n'est pas une garantie que tout ira mieux du jour au lendemain. Mais c'est, souvent, le début de quelque chose de différent.

Céline a finalement envoyé son message. On a travaillé ensemble pendant trois mois. Ce qu'elle m'a dit à notre dernière séance : « Le vrai changement, c'est que je ne me tais plus autant avec moi-même. »

Ce n'est pas rien.


Pour aller plus loin

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Et si vous voulez simplement faire un premier pas sans vous engager : le premier appel est gratuit.

Sources externes :

 
 
 

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