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La peur du conflit : pourquoi on l’évite

  • Ivan Caullychurn
  • il y a 6 jours
  • 4 min de lecture

La peur du conflit fait partie de ces difficultés silencieuses que beaucoup de personnes vivent au quotidien sans jamais vraiment la nommer. Elle s’invite au travail, dans le couple, en famille, entre amis. Elle pousse à se taire, à ravaler, à contourner… jusqu’au moment où la tension ressort autrement : stress chronique, irritabilité, fatigue émotionnelle, parfois même épuisement.


Cet article fait le point, de manière claire et concrète, sur la peur du conflit, ses mécanismes, ses conséquences et surtout sur les leviers pour apprendre à gérer les désaccords sans violence ni fuite.


Peur du conflit : définition simple et réaliste

La peur du conflit n’est pas la peur de la violence. Elle correspond plutôt à la crainte d’une confrontation émotionnelle :

  • peur de déplaire

  • peur de blesser l’autre

  • peur d’être rejeté.e

  • peur de perdre la relation

  • peur de perdre le contrôle de ses émotions


Concrètement, cela se traduit par des comportements très répandus : éviter les sujets sensibles, dire oui alors qu’on pense non, remettre à plus tard une discussion importante, ou encore accepter des situations qui génèrent du malaise.


Selon l’Association Américaine de Psychologie (APA), l’évitement du conflit est une stratégie courante face au stress relationnel, mais elle est associée à une augmentation du stress perçu et à une baisse du bien‑être psychologique.Source : American Psychological Association, Stress and interpersonal conflict, APA, https://www.apa.org


Pourquoi avons-nous peur du conflit ?


Une peur souvent apprise très tôt

Dans beaucoup d’histoires personnelles, le conflit a été associé à quelque chose de négatif : cris, silence prolongé, sanctions, rupture du lien. Le cerveau apprend alors une règle simple : conflit = danger.

Cette association n’est pas rationnelle, elle est émotionnelle. Et le cerveau émotionnel déteste le danger, même symbolique.


Confondre conflit et violence

C’est l’une des confusions les plus fréquentes. Un conflit n’est pas une agression. C’est une divergence de besoins, de valeurs ou de perceptions.

L’INRS rappelle que le conflit fait partie intégrante des relations humaines et professionnelles, et que ce n’est pas le conflit en soi qui est problématique, mais la manière dont il est géré. Source : INRS, Relations de travail et conflits, 2023, https://www.inrs.fr


Un besoin fort d’approbation

Les personnes qui ont peur du conflit ont souvent développé une forte capacité d’adaptation. Elles savent lire l’autre, anticiper, lisser. Le revers, c’est que leur sécurité émotionnelle dépend beaucoup du regard des autres.

Dire non, poser une limite ou exprimer un désaccord devient alors risqué.


Peur du conflit au travail : un problème sous-estimé

Dans le monde professionnel, la peur du conflit est particulièrement répandue. Elle peut prendre plusieurs formes :

  • ne pas oser faire un retour à un collègue

  • éviter une discussion avec un manager

  • accepter une surcharge de travail

  • laisser passer des comportements problématiques


Selon une étude de l’Organisation Mondiale de la Santé, le stress lié au travail est aggravé par les tensions relationnelles non régulées, et contribue à l’épuisement professionnel. Source : Organisation mondiale de la santé, Mental health at work, 2022, https://www.who.int


Le paradoxe, c’est que éviter le conflit coûte souvent plus cher que l’affronter : démotivation, ressentiment, perte d’engagement, climat dégradé.


Les conséquences de l’évitement du conflit

Éviter les conflits n’efface pas les tensions. Cela les déplace.


Sur le plan émotionnel

  • stress chronique

  • ruminations mentales

  • colère rentrée

  • sentiment d’injustice


Sur le plan relationnel

  • communication floue

  • malentendus répétés

  • déséquilibre dans les relations


Sur le plan physique

Plusieurs études montrent un lien entre stress relationnel chronique et troubles somatiques (fatigue, troubles du sommeil, maux de tête).Source : McEwen B., Stress, adaptation, and disease, Annals of the New York Academy of Sciences, 1998.


Tableau récapitulatif : éviter ou gérer le conflit

Évitement du conflit

Gestion du conflit

Soulagement immédiat

Inconfort temporaire

Tension qui s’accumule

Tension régulée

Stress chronique

Stress ponctuel

Relations déséquilibrées

Relations plus claires

Perte d’estime de soi

Renforcement de l’assertivité

Comment apprendre à gérer les conflits sans se détruire


Accepter l’inconfort émotionnel

Un conflit bien géré n’est jamais totalement confortable. Chercher à ne rien ressentir est illusoire. L’objectif est plutôt de rester présent malgré l’émotion.


Clarifier son intention

Un conflit n’est pas une attaque. Avant une discussion difficile, il est utile de se demander :

  • Qu’est-ce que je veux vraiment préserver ?

  • De quoi ai-je besoin ?

  • Qu’est-ce qui n’est plus acceptable pour moi ?


Apprendre à poser un cadre

Exprimer un désaccord ne signifie pas se justifier longuement ni convaincre. Une communication claire repose sur des messages simples, factuels et respectueux.

La Communication Non Violente, développée par Marshall Rosenberg, insiste sur l’expression des besoins plutôt que sur l’accusation.Source : Rosenberg M., Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs), La Découverte.


Se faire accompagner pour dépasser la peur du conflit

Lorsque la peur du conflit est profondément ancrée, elle ne disparaît pas avec de simples conseils. Un accompagnement permet de :

  • comprendre ses schémas émotionnels

  • identifier ses déclencheurs

  • renforcer l’assertivité

  • apprendre à gérer la tension relationnelle


C’est précisément l’objectif de l’accompagnement proposé sur ivan-coaching.com, centré sur la gestion des émotions et les situations relationnelles complexes.


Peur du conflit : un levier de transformation personnelle

Apprendre à gérer les conflits ne rend pas plus dur ni plus agressif. Cela rend plus clair. Plus aligné. Plus respectueux, envers soi comme envers les autres.

Le conflit n’est pas un échec relationnel. Mal géré, oui. Mais abordé avec conscience et méthode, il devient un outil de régulation, de maturité et de croissance personnelle.

Éviter le conflit, c’est souvent éviter une partie de soi. Apprendre à l’affronter, c’est se donner la possibilité de relations plus saines et plus justes.

 
 
 

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