Anxiété non traitée en entreprise : ce que ça coûte vraiment et ce que vous pouvez faire
- Ivan Caullychurn
- 6 avr.
- 6 min de lecture

Il y a dans vos équipes, en ce moment précis, des collaborateurs qui arrivent le matin avec un sourire de façade et un cerveau en ébullition. Ils sont présents. Ils répondent aux mails. Ils assistent aux réunions. Mais mentalement, une partie d'eux tourne en boucle, anticipe le pire, ressasse les mauvaises conversations.
Vous ne le savez pas, parce qu'ils ne le disent pas.
Et pendant ce temps, l'entreprise paie. En silence. Sans que personne ne voit la ligne dans le tableau de bord.
Les chiffres que personne ne vous montre en comité de direction
Commençons par le cadre général, parce qu'il a de quoi faire tousser.
Selon le 17ème baromètre Ayming publié en 2025, les salariés français ont été absents en moyenne 23,3 jours en 2024, soit 11 jours de plus qu'il y a dix ans. Le taux d'absentéisme atteint désormais 4,5 %, un record historique, avec une hausse de 58 % des arrêts longs de plus de deux mois en cinq ans.
Ce n'est pas une crise ponctuelle. C'est une tendance de fond.
Près de 38 % des arrêts de travail sont désormais liés à des troubles psychologiques : burn-out, anxiété, dépression. Ces affections dépassent les troubles musculosquelettiques, longtemps en tête des causes d'arrêts.
Et côté finances, le calcul est brutal. Le coût moyen de l'absentéisme est estimé à 4 000 euros par salarié et par an. Pour une entreprise de 500 salariés, cela représente plus de 2 millions d'euros de pertes annuelles.
Mais ce chiffre, aussi imposant qu'il soit, ne raconte qu'une partie de l'histoire.
Le présentéisme : l'iceberg sous la surface
L'absentéisme, au moins, laisse une trace dans les indicateurs RH. Un arrêt de travail, ça se compte. Ce qui ne se compte pas, c'est le collaborateur qui est là mais qui n'est plus vraiment là.
Selon l'INRS, le coût du présentéisme serait quatre fois supérieur à celui de l'absentéisme. Il passe simplement sous les radars parce qu'il ne génère pas de ligne dans le tableau de bord RH.
Un salarié anxieux qui vient travailler coûte plus cher qu'un salarié absent. C'est contre-intuitif. C'est pourtant documenté. Le présentéisme, où les employés sont présents mais moins productifs en raison de maladies ou de mal-être, entraîne des coûts estimés à 2 740 euros par employé par an.
Additionnez les deux. Vous avez votre vrai coût de l'anxiété non traitée.
Les PME et ETI, premières concernées et les moins armées
Les salariés des ETI font partie des populations les plus exposées à la détresse psychologique liée au travail, avec un taux de 53 % déclarant que leur situation est au moins partiellement liée au travail.
Dans les PME et ETI, ces difficultés prennent une dimension particulière. Les équipes RH, souvent réduites, doivent jongler entre de multiples responsabilités tout en répondant à des obligations légales précises.
Autrement dit : vous gérez des situations complexes avec des ressources limitées, dans un cadre juridique qui ne vous laisse pas le choix d'ignorer le sujet.
Ce que l'anxiété fait concrètement à vos équipes
L'anxiété non traitée ne frappe pas seulement les personnes. Elle frappe les collectifs.
Depuis 2013, la souffrance psychique en lien avec le travail est le premier groupe de maladies à caractère professionnel signalées chez les femmes et le second chez les hommes, après les troubles musculosquelettiques.
La cellule médicale d'APICIL constate que 27 % des 30-39 ans ont été touchés en 2024 par une pathologie psychique. Cette génération, c'est votre encadrement intermédiaire. Vos managers de proximité. Ceux qui tiennent les équipes au quotidien.
Un arrêt de longue durée sur deux pour troubles psychologiques concernait en 2024 un salarié de moins de 30 ans, et la part du burn-out parmi les arrêts longs de cette tranche d'âge a évolué de 14,5 % en 2019 à 24,1 % en 2024, soit une hausse de 66 % en cinq ans.
Les conséquences sur le tissu organisationnel sont bien connues des DRH. Le présentéisme coûte paradoxalement plus cher que l'absentéisme, le turnover s'accélère lorsque les talents quittent les environnements toxiques, la qualité se dégrade avec la multiplication des erreurs et des incidents, et la marque employeur se fragilise durablement.
Votre obligation légale et ce qu'elle implique vraiment
L'article L4121-1 du Code du travail impose à l'employeur de protéger la santé physique et mentale de ses salariés, ce qui implique une évaluation des risques psychosociaux et leur inscription dans le Document Unique d'Évaluation des Risques Professionnels.
Ce texte ne date pas d'hier. Mais son application, dans les PME et ETI, reste encore très insuffisante. Non par mauvaise volonté, mais parce que personne n'a appris aux DRH à détecter l'anxiété avant qu'elle ne devienne un arrêt maladie.
En 2024, 17 % des entreprises déclarent avoir connu au moins un arrêt maladie lié à des risques psychosociaux. Sur l'ensemble des arrêts maladie déclarés, 11 % sont directement associés aux RPS.
Ce qui ne signifie pas que les 83 % restants sont à l'abri. Ça signifie que la majorité ne le sait pas encore.
Ce que vous pouvez faire, concrètement, sans mobiliser une armée
Agir tôt change tout l'équation financière
Investir 1 euro dans la prévention des RPS génère, en moyenne, plus de 13 euros de bénéfice net selon l'Association Internationale de Sécurité Sociale.
Ce chiffre mérite d'être répété à votre direction financière lors du prochain budget. La prévention n'est pas un poste de dépenses sociales. C'est un investissement à ROI documenté.
Selon Ayming, un jour d'absence sur quatre pourrait être évité grâce à une meilleure politique de prévention santé.
L'accompagnement individuel : le levier sous-utilisé
Les entreprises ayant instauré un accompagnement psychologique structuré constatent une diminution des arrêts maladie liés aux risques psychosociaux. Contrairement à une idée reçue persistante, investir dans la santé mentale n'est pas un coût mais un investissement stratégique dont le retour est largement documenté.
Le coaching individuel en entreprise répond à un besoin que ni la médecine du travail ni les programmes de bien-être collectifs ne couvrent : celui du collaborateur qui souffre en silence, qui n'est pas encore en arrêt, mais qui ne pourra pas tenir longtemps dans l'état actuel.
C'est exactement là qu'un accompagnement ciblé intervient. Pas pour "soigner" au sens médical du terme, mais pour redonner à la personne les ressources internes qu'elle a perdues — ou qu'elle n'a jamais eu l'occasion de développer. Six à douze séances confidentielles suffisent souvent pour changer durablement la trajectoire d'un collaborateur en difficulté.
Tableau récapitulatif : Le vrai coût de l'anxiété non traitée en entreprise
Indicateur | Chiffre clé | Source |
Taux d'absentéisme 2024 | 4,5 % (record historique) | Baromètre Ayming 2025 |
Part des arrêts liés à des troubles psychiques | 38 % | Baromètre Ayming 2025 |
Coût moyen par salarié et par an | 4 000 € | Institut Sapiens / Ayming |
Coût du présentéisme vs absentéisme | 4 fois supérieur | INRS |
Coût du présentéisme par salarié/an | 2 740 € | Baromètre Verlingue |
Hausse des arrêts longs en 5 ans | +58 % | AXA Datascope 2025 |
ROI de la prévention RPS | 13 € pour 1 € investi | AISS |
Jours d'absence évitables par la prévention | 1 sur 4 | Ayming 2025 |
Ce que ça change, pour vous, en tant que DRH
Il y a une réalité que l'on évoque rarement dans les articles sur la santé mentale au travail : le DRH porte aussi quelque chose de lourd.
Vous êtes souvent le premier à entendre les situations difficiles. Le premier à devoir trouver une réponse quand un manager craque, quand un collaborateur n'est plus en état de travailler, quand la direction vous demande de "régler ça" sans vous donner les moyens de le faire.
La prévention des RPS n'est pas qu'un enjeu de compliance. C'est aussi un moyen de vous donner un cadre d'action concret, des partenaires compétents, et la capacité de répondre aux situations avant qu'elles ne deviennent des crises.
48 % des acteurs RH déclarent qu'en 2025, leur premier besoin est de comprendre les causes profondes de l'absentéisme pour agir.
Comprendre, c'est bien. Agir avec un partenaire externe, confidentiel, opérationnel sous 72 heures, c'est mieux.
Comment fonctionne concrètement l'accompagnement en entreprise
Le dispositif proposé est simple, structuré, et conçu pour s'adapter aux contraintes des PME et ETI.
Un cadrage initial avec vous, la DRH, pour identifier les populations prioritaires et définir les modalités de confidentialité
Des séances individuelles de coaching (6 à 12 sessions selon les situations) entièrement confidentielles pour chaque collaborateur accompagné
Un rapport anonymisé remis en fin d'engagement, qui vous donne une lecture des dynamiques organisationnelles identifiées, sans jamais trahir la confidentialité des échanges individuels
Ce que vous obtenez à la fin : des collaborateurs qui ont retrouvé des ressources, et une direction RH qui a une vision claire des axes de travail à prioriser. Pas de promesse de miracle. Une démarche sérieuse, humaine, et mesurable.
Vous portez des situations difficiles depuis trop longtemps seul ? Parlons-en dans un premier échange de 30 minutes, sans engagement, pour voir ce qu'un accompagnement ciblé peut changer dans votre organisation.




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