S'affirmer : pas un caprice, une nécessité
- Ivan Caullychurn
- il y a 2 jours
- 4 min de lecture

Sophie a 32 ans. Elle est cheffe de projet dans une boîte de communication à Bordeaux. Compétente, fiable, toujours disponible.
Le soir du réveillon, elle a passé trois heures à garder les enfants de sa voisine, parce qu'elle n'a pas su dire non. Elle avait prévu autre chose. Elle n'a rien dit.
Le lendemain matin, elle s'est réveillée épuisée et vaguement en colère. Contre sa voisine ? Non. Contre elle-même.
C'est souvent comme ça que ça commence.
S'affirmer, c'est quoi exactement ?
S'affirmer, ce n'est pas devenir quelqu'un d'autre. Ce n'est pas claquer des portes, couper les ponts ou se transformer en personnage autoritaire qui dit non à tout.
C'est exprimer ce qu'on pense, ce qu'on veut, ce qu'on ressent, sans s'excuser d'exister.
C'est dire "je ne peux pas" sans inventer une excuse. C'est donner son avis en réunion même quand il diverge. C'est choisir le restaurant sans demander trois fois si ça convient à tout le monde.
En apparence, ça semble simple. Dans la pratique, pour beaucoup de gens, c'est un effort considérable.
Pourquoi c'est si difficile ?
Parce qu'on a appris très tôt que s'effacer, c'est plus safe. Que décevoir les autres, c'est risqué. Que prendre de la place, ça dérange.
Ces apprentissages-là ne disparaissent pas à l'âge adulte. Ils s'installent en pilote automatique. Et à chaque fois qu'une occasion se présente de s'affirmer – dire non, exprimer un désaccord, poser une limite – le réflexe d'évitement prend le dessus.
Résultat : on dit oui. On sourit. On gère. Et on rentre chez soi avec cette frustration sourde qu'on ne sait pas toujours nommer.
Le lien entre manque d'affirmation et anxiété
C'est là que ça devient intéressant et souvent surprenant pour mes clients.
Le manque d'affirmation de soi et l'anxiété ne sont pas deux problèmes séparés. Ils se nourrissent mutuellement.
Quand on s'efface régulièrement, on envoie un message à son propre cerveau : mes besoins comptent moins que ceux des autres. À force, cette conviction s'ancre. La confiance en soi s'érode. Et l'anxiété s'installe, cette inquiétude diffuse, ce sentiment permanent de ne pas être à la hauteur, de marcher sur des œufs.
Sophie, quand elle est venue me voir, ne se décrivait pas comme quelqu'un qui manquait d'affirmation. Elle disait qu'elle était "trop sensible", "trop dans sa tête", qu'elle "stressait pour rien".
En creusant, on a trouvé autre chose : une femme qui depuis des années mettait ses propres besoins systématiquement sous le tapis. Pas par faiblesse. Par habitude. Par peur de décevoir.
L'identité mise sous silence
S'affirmer, c'est aussi une question d'identité.
Chaque fois qu'on ravale ce qu'on pense pour ne pas faire de vagues, on efface un petit morceau de soi. Chaque fois qu'on dit oui alors qu'on pense non, on envoie le signal que ce qu'on est – ses opinions, ses envies, ses limites – ne mérite pas d'être exprimé.
À force, on perd le fil. On ne sait plus très bien ce qu'on veut vraiment. On vit la vie des autres par défaut.
Ce n'est pas anodin. C'est épuisant.
Ce que le manque d'affirmation coûte vraiment
Ce qu'on croit éviter | Ce qu'on paie en réalité |
Le conflit | La frustration chronique |
La déception des autres | La déception de soi-même |
Le rejet | L'isolement progressif |
Le jugement | La perte de confiance en soi |
L'inconfort du moment | L'anxiété qui s'installe dans la durée |
Par où commencer ?
C'est la question que tout le monde pose. Et la réponse honnête, c'est : par du petit.
Pas besoin de claquer la porte de son chef ou de réécrire toutes ses relations en une semaine. S'affirmer ça s'apprend, ça se muscle, comme n'importe quelle autre compétence.
Voilà ce que j'observe chez les clients qui avancent sur ce sujet :
Ils commencent par identifier les situations où ils s'effacent systématiquement, pas pour se juger, juste pour voir.
Ils apprennent à distinguer ce qu'ils ressentent vraiment de ce qu'ils pensent devoir ressentir.
Ils s'entraînent à formuler leurs besoins simplement, sans justification excessive.
Ils acceptent que décevoir quelqu'un ponctuellement ne détruit pas une relation.
Ils remarquent, progressivement, que le monde ne s'effondre pas quand ils disent non.
Ce dernier point est souvent le plus libérateur.
Et concrètement, le coaching change quoi ?
Sophie est revenue me voir six semaines après notre première séance. Elle avait dit non deux fois dans la semaine. Une fois à sa voisine, une fois à un collègue qui lui refilait systématiquement ses dossiers urgents.
Elle n'était pas devenue quelqu'un d'autre. Elle était juste un peu plus elle-même.
C'est ça, le travail. Pas une transformation spectaculaire. Un retour progressif à soi — à ce qu'on pense, ce qu'on veut, ce qu'on est.
Si vous vous reconnaissez dans ce que vous venez de lire, cette fatigue de toujours passer après, cette anxiété diffuse que vous n'arrivez pas à expliquer, on peut en parler. Je suis coach de vie à Bordeaux, je travaille sur l'anxiété, la confiance en soi et l'affirmation de soi en séances individuelles et confidentielles.




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